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cultures amérindiennes

avant l'arrivée des français: les cultures amérindiennes

Pour les Amérindiens, la notion de jardin comme on l’entend en Europe est inconnue. L’Européen ne trouve guère d’intérêt dans l’état naturel d’un paysage et cherche à transformer cet espace à sa façon, généralement selon un tracé linéaire et rectiligne. Pour l’Amérindien, pas question de modifier l’ordre sacré du monde par des clôtures : l’espace ne lui appartient pas et la nature est un jardin infini, unique et divin. Sa conception animiste du monde lui permet de composer avec son milieu et son environnement naturel qu’il exploite selon des méthodes douces.

Au Québec, il y a deux principaux groupes autochtones : les Algonquiens, nomades, vivant de la chasse et de la cueillette et les Iroquoïens, plus sédentaires, qui tirent de leurs champs une grande partie de leur subsistance. Les produits cultivés par ces derniers servent à l’alimentation, à l’extraction de pigments, à la fabrication de vêtements, à la médecine et aux cérémonials. Les Amérindiens avaient développé de nombreuses techniques de culture, notamment la sélection et la fertilisation. Qu’ils soient nomades ou sédentaires, la cueillette est très importante pour leur survie (alimentation et médecine).

Les autochtones ont transmis aux Européens leurs connaissances des plantes indigènes et, entre autres, comment faire du sirop et du sucre à partir de la sève de l’érable à sucre. Ils leur ont également fait connaître les vertus de bon nombre de ces plantes comme le ginseng, la salsepareille, le capillaire (variété de fougère) et aussi le tabac. L’introduction des plantes autochtones a transformé la cuisine occidentale. Les Amérindiens du continent américain, nord et sud, nous ont apporté : tomates, pommes de terre, topinambours, haricots verts, pâtissons, poivrons, citrouilles, maïs, tournesols et riz sauvage. En fait, à leur arrivée les premiers colons français ont utilisé plusieurs des techniques et des produits alimentaires des Amérindiens pour assurer leur survie, mais cette influence a décru par la suite, comme le montre l’exemple de la marginalisation rapide de la farine de maïs. Cependant, certains produits nord•américains ont continué à être cultivés en grande quantité, telle la citrouille qui avait particulièrement attiré l’attention des premiers immigrants et voyageurs. 

À propos des Amérindiens, Pehr Kalm (1716-1779. Élève de Linné, ce célèbre botaniste suédois fit un périple au Canada en 1749 et nota ses observations sur les jardins qu’il y vit) note :

Les Sauvages ont encore un autre met qu’ils mangent en voyage, aussi bien qu’à la maison. Quand les citrouilles sont mûres, ils les découpent, écorce et chair ensemble, en d’assez longues tranches au soleil pour les faire sécher, ou encore dans leur pièce de séjour ou près du feu, après les avoir entrelacées de diverses manières. Une fois sèches, elles peuvent se conserver durant un très long temps, qui dépasse une année; lorsqu’on veut les manger, on met les tranches à cuire, seules ou accompagnées d’autre chose, et ce doit être un assez bon met, très sucré. Je crois cela d’autant plus volontiers que j’ai mangé quelques morceaux apprêtés de la sorte, qu’ils avaient assez bon goût sucré et qu’on aurait fort bien pu les manger secs. Les voyageurs utilisent assez souvent cette nourriture durant leurs randonnées chez les sauvages. Ils leurs achètent des tranches de citrouilles préparées de la sorte et s’en nourrissent.

Au XVIIIe siècle, le capillaire canadien, dont la cueillette était surtout faite par les Amérindiens, était envoyé en Europe où on l’utilisait comme plante médicinale. En 1749, dans sa Description de plusieurs plantes du Canada, le médecin Gaultier observe qu’on ramasse beaucoup de capillaire.

On a soin de la faire sécher a l’ombre, on l’envoie en France où il se vend bien et où il est plus estimé qu’en Canada même.

– Médecin Gaultier