governor's garden bande

jardins en canada

les premiers jardins nourriciers «en canada»

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, en Nouvelle-France, les jardins sont essentiellement utilitaires. Plantes potagères, fines herbes, petits fruits et arbres fruitiers constituent la majorité des végétaux cultivés à cette époque. Ce qui n’empêche pas bien sûr, un dessin géométrique des plantations. Cette formalité française est clairement reproduite dans le Jardin du Gouverneur au Château Ramezay. Ainsi, un plan réalisé en 1795 par le notaire Louis Guy, dit le «Plan parcellaire», montre comment les jardins des communautés religieuses (Sulpiciens, Jésuites et Récollets) et le jardin de Ramezay sont devenus plus sophistiqués et se présentent vraiment selon un plan formel, propre aux jardins à la française.

Dans l’ensemble, c’est cependant la vocation nourricière des jardins qui prédomine en Nouvelle-France. En effet, la culture des céréales et du jardin potager est essentielle à la survie de chacun, mais aussi à celle de la collectivité. Si on ne possède pas de terre, on s’engage pour travailler sur une ferme comme celle de la Congrégation ou celle d’un seigneur, ou on peut également la louer. Les semences des plants cultivés par les nouveaux arrivants sont souvent importées de France, mais les plants originaires d’Amérique du Nord sont également utilisés, sauf la pomme de terre qui ne sera cultivée qu’à la moitié du XIXe siècle car les «Canadiens »la trouvent fade et sans intérêt. Il faut noter qu’en Nouvelle-France les cultivateurs et jardiniers produisent généralement eux-mêmes leurs semences. Le commerce des graines se développera vers la moitié du XVIIIe siècle.

plan ancien

Dès la fin du XVIIe siècle (c'est-à-dire après les premières décennies difficiles pour les pionniers) et jusqu’à la fin du Régime français, la grande majorité de la population de la Nouvelle-France est bien nourrie et avec diversité. L’alimentation repose avant tout sur le pain, la viande, le poisson, les légumineuses et les légumes. C’est en particulier grâce à leur jardin que les habitants de la Nouvelle-France peuvent varier leur alimentation et y ajouter des saveurs, même en hiver grâce à différents procédés de conservation. En Nouvelle-France, le plat principal est souvent composé d’un plat complet de viandes et de légumes, comme pot-au-feu, fricassée ou ragoût. Ceux qui en ont les moyens font précéder ce plat d’une soupe légère aux légumes. Les salades sont très appréciées, en saison, et les repas se terminent souvent, en saison et dans les occasions spéciales, par des desserts de fruits frais ou de laitages additionnés de sucre. (Informations sur l’alimentation tirées du livre de Martin Fournier, Jardins et potagers en Nouvelle-France – Joie de vivre et patrimoine culinaire, Septentrion, 2004, Québec).