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potager

chou Le jardin potager de la Nouvelle-France est diversifié et sa plantation très créative. Les premiers colons essaient d’acclimater les espèces européennes et ils essaient d’apprivoiser la culture des plantes indigènes. Ce n’est pas toujours facile, car plusieurs d’entre eux sont des soldats devenus cultivateurs par la force des événements. Cette grande aventure débouchera sur l’utilisation d’une multitude d’espèces, dont beaucoup ont aujourd’hui disparu ou se sont hybridées.

Le potager doit assurer la subsistance des habitants pendant l’hiver, l’accent est donc mis sur les légumes qui se conservent bien comme les choux, les carottes, les navets, les pois, les fèves et les oignons. On y retrouve aussi des topinambours et des concombres, qui sont très populaires. Pehr Kalm note que les Canadiens s’en régalent lorsqu’ils sont apprêtés avec de la crème et des fines herbes. Dans les potagers de la noblesse, le raffinement se marque par certaines espèces de légumes comme les artichauts et les asperges. La salade est également très appréciée, on la déguste avec des herbes et des fleurs comestibles (fleurs de ciboulette, de bourrache, de souci, de monarde ou de capucine).

Le jardin potager utilise souvent le compagnonnage, soit une technique de plantation qui met à profit les vertus de certaines plantes pour favoriser la croissance d’autres plantes. Il favorise également la pollinisation. On voit donc des mariages d’espèces différentes en un même endroit : légumes, fleurs, rosiers et plantes aromatiques. Par exemple, l’ail voisine en harmonie avec les roses et les framboises, la bourrache avec les fraises et les courges, le romarin et la sauge aiment les choux et les carottes, et la sarriette, les haricots.

L’oignon rouge est la plante potagère la plus fréquente; viennent ensuite la citrouille, les carottes, la laitue; les paysans plantent également dans leurs jardins des groseilliers rouges; parfois des phaseoli (Phaesolus vulgaris)(haricots) et une assez bonne quantité de concombres.

– Pehr Kalm


La culture des «trois soeurs»

Ce type de culture était pratiqué par les Amérindiens, en lien avec une légende qui faisait du maïs, du haricot et de la courge des plantes sacrées assurant la survie physique et spirituelle de leur peuple. Il s’agit d’un plant de maïs (Zea mays), planté dans une petite butte avec des haricots (Phaseolus vulgaris), qui se servent de la tige du maïs comme tuteur, et des courges (Cucurbita pepo) dont les larges feuillesconservent l’humidité et empêchent les mauvaises herbes de pousser. Les nations iroquoïennes qui étaient enrelation avec les Canadiens de la Nouvelle-France connaissaient une quinzaine de variétés de maïs, unesoixante d’espèces de haricots et huit variétés de courges, incluant la citrouille.

A vous de jouer! Plantez votre propre jardin des «trois sœurs.»

Il est facile de planter les «trois sœurs». Commencez à la fin de mai ou au début de juin en faisant des petits monticules de terre dans votre jardin. Chaque monticule doit mesurer approximativement 30 cm de haut et 20 cm de large. Taponnez légèrement chaque monticule pour lui donner un sommet plat.

Plantez 6 graines de maïs en cercle sur chaque monticule.

Attendez une semaine ou deux pour que le maïs atteigne une hauteur d’une douzaine de centimètres. Plantez alors 6 graines de haricot en cercle, à 15 cm du maïs.

Attendez une autre semaine et plantez 6 graines de courge (citrouille par exemple) autour de la base de chaque monticule.

Lorsque toutes les plantes poussent bien, vous devez enlever les plantes les plus faibles et ne laisser que les plus fortes. Faites cela pour le maïs, les haricots et les courges. Assurez-vous que les haricots poussent le long des tiges de maïs, qui leur servent de tuteur. Les courges poussent autour de chaque monticule.