Les influences du passé et de la France : histoire des jardins

L'aménagement des jardins de la Nouvelle-France, à différent degrés : l'héritage du Moyen Âge, les réalisations de la Renaissance et l'intérêt croissant pour le jardin formel.

Les jardins du Moyen Âge se caractérisent par l’importance de l’espace consacré au potager, la présence d’enclos, l’utilisation de bordures, le recours à des formes simples et à des allées régulières.

Quant aux jardins de la Renaissance, précurseurs du jardin classique français, ils sont conçus en lien avec le bâtiment qu’ils entourent, les formes s’y complexifient, les interventions humaines sont plus marquées et l’eau est davantage utilisée. Le jardin perd alors de son usage personnel, et devient un vaste espace conçu pour être regardé.

Jardin «à la française »
   

Jardin «à l'anglaise»

Enfin, le jardin formel français, né au XVIIe siècle et dont l’archétype est Versailles, reprend tous ces éléments du passé et devient en plus une série de lieux de mise en scène, un indicateur de la richesse et du rôle social. Ce type de jardin, dit «à la française», se veut une victoire de l’esprit sur la matière, une image de l’ordre et de la raison. Ses éléments de base sont la symétrie, l’ouverture de l’espace avec des horizons à l’infini, les bassins, les parterres en broderies et l’intégration de l’habitation dans cet ensemble.

Si le Jardin du Gouverneur à l’arrière du bâtiment évoque un jardin de l’époque de la Nouvelle-France, en revanche l’espace qui donne sur la rue Notre-Dame, devant le Musée, est aménagé tel qu’il l’était à l’ouverture du Musée au XIXe siècle. Il s’agit donc là d’un jardin dans le style «paysager» ou encore «à l’anglaise».

Le jardin dit «paysager» est né en Angleterre au XVIIIe siècle, en réaction au jardin «à la française» très policé. Ce nouveau style, dit «picturesque», a pour sources principales la peinture du paysage romain et l’amour des Anglais pour la nature. Ses promoteurs raillent l’artificialité du jardin «à la française» et recommandent comme guide la nature elle-même : il s’agit de composer des paysages naturels, en créant des parcs aux allées sinueuses avec des lacs et de vastes pelouses ponctuées de bosquets.

Le grand art du jardin est ce par quoi une civilisation cherche, non point à copier la nature mais à se servir des éléments qu'elle lui fournit pour exprimer sa conception la plus haute du bonheur.

–Benoist-Méchin, 1975

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